lundi 30 novembre 2009

Ghost dog

2 ème jour sous Aotal. En me réveillant, hier, mes membres tremblaient, je basculais d'avant en arrière sur mon fauteuil, j'avais envie d'un verre, j'avais besoin d'un verre. Cela a été le déclic pour entamer une nouvelle cure, une énième tentative. Il parait que si je tiens le coup, je vais vite maigrir. Plutôt motivant, le tout étant de ne pas craquer à la première occasion. 2ème jour et jusqu'ici, tout se passe plutôt bien. Cela a l'air facile avec ce médicament mais cela ne m'a pas empêché de rechuter par le passé. Il suffit d'une fois, d'un oubli pour que tout rebascule.

J'en ai besoin de cette cure, alors quand j'ai envie de me défoncer à l'alcool, je me défonce au shit. Un mal pour un mal. Je sais que d'après le bon sens judéo-chrétien cher à mes concitoyens, fumer, c'est mal mais je les emmerde. Je préfère ça à l'alcoolisme. Je n'en suis pas au point ou je ne peux rien faire sans fumer, non, je m'éclate juste la tête chez moi, je ne sors jamais défoncé. Toujours cette envie de rester un fantôme pour mes voisins, le moins de bruit possible, le moins vu possible. Je ne veux pas les connaitre car cette ville pue.

dimanche 29 novembre 2009

Virage à 180°

Je suis schizophrène et je vis seul. Malgré la chance d'avoir un toit et de quoi me payer à manger plus des extras, je fais le con. Je délire, je deviens aveugle, je raconte n'importe quoi. Je me joue de ma santé mentale et physique, je me fous du monde, je ne calcule rien, je ne comprends pas souvent ce que l'on me raconte, j'oublie la plupart du temps, je n'ai pas de cœur, je n'aime rien ni personne, je suis un sale type qui s'ouvre et qui souffre d'une maladie mentale peu commune. Je suis un boulet, un con, un drame social, un cas désespéré, alcoolique et drogué qui ne fait strictement rien de ses journées. Ma vie est vide, je n'ai qu'internet et deux trois coups de fils. Ma vie est pauvre d'intérêts. Je ne suis pas intéressant, je ne suis pas bavard à jeun. Misogyne, macho, violent dans mes propos, une fois de la violence physique, dédaigneux et égoïste. Je n'ai rien pour plaire, je suis un véritable sale type. Je ne sers à rien. Bref, je sais être aussi un bel enculé.

Reprise de l'Aotal

Je ne suis peut-être pas très intelligent mais ai suffisamment de conscience pour m'apercevoir qu'il est temps de refaire une cure d'alcool. J'ai l'esprit explosé, durement morcelé. Je ne me souviens plus de rien, je ne suis pas lavé ni changé depuis deux jours et trois nuits à dormir habillé comme une merde sur le canapé. Je reprends le traitement de base, l'Aotal, afin d'entamer ma énième cure. Cette fois-ci sera la bonne, j'espère.

J'arrête

Je me réveille et on est dimanche midi. Putain, trois jours que je picole non-stop, jusqu'à en oublier le temps. Comment crier son infortune autrement que de jouer avec la bouteille. Je me retourne, visite l'appart', ça va, rien de cassé, juste des cadavres et un semblant de repas. Je n'en suis pas fier, non, de me déchirer autant mais que veux tu que j'y fasse? Sans analyser mon alcoolisme et la schizophrénie, il est simple de comprendre que je ne vais pas bien.

Je ne supporte plus cette solitude éprouvante, poussée dans ses retranchements, repoussante. Je n'ai pas le choix, certes, je repousse également ceux qui s'approchent trop près, par peur, par psychose. Et je ne veux pas d'autres amis, je n'en ai pas besoin, j'ai mon compte en nombre suffisant. Je veux juste récupérer ma vie sociale. C'est un élément important de l'équilibre.

Il existe des solutions et la plus simple serait de trouver un travail adapté à la maladie, un travail pour handicapé mental, un mi-temps de merde mais qui me permettrait de voir du monde et de gagner un peu plus de thunes. Mais même ça je n'y ai plus le droit. Pour l'instant bien sur. Je ne vais pas tarder à passer en invalidité mais cela ne m'empêchera pas de bosser. Il faut que j'attende d'aller mieux, de me stabiliser comme disent les psychiatres et ce n'est pas en me déchirant que je récupèrerai un semblant de vie.

C'est le bordel dans ma tête, tout est en vrac et ça fait mal et cela use. Je suis fatigué, fatigué par ces 3 nuits consécutives à boire et fatigué par le désordre mental.

samedi 28 novembre 2009

C'est tout

J'ai bu, picolé plus que de raison jusqu'à 4h du matin. J'ai chopé mon pote à Saïgon GMT+6 et j'ai eu honte d'avoir autant picolé quand j'ai vu sa tronche toute fraiche du matin à la webcam. Je ne regrette pas, je ne me souviens de rien. Juste quelques flashbacks flous. C'est surement moche mais je m'en fous. Comprenne qui pourra que je vais mal en ce moment.

vendredi 27 novembre 2009

Irréversible

Je me suis invité à la table du diable, il y a bien longtemps déjà. Je ne saurai compter le nombre des années. Je ne m'en souviens plus. Je lui ai vendu mon âme plus d'une fois afin que ce cauchemar s'arrête mais même lui, n'existe pas. Je ne fais que subir, en silence, les hurlements de mon cerveau et essaie de reconstituer le puzzle de ma tête à force d'auto-analyse, d'introspection mais rien n'y fait, j'ai et je garde l'esprit morcelé. La schizophrénie ne se soigne pas par la psychanalyse, quoi qu'on en dise, c'est irréversible.

J'ai toujours cette envie de partir en voyage qui me tient au ventre, qui m'obsède mais je n'arrive pas à mettre de l'argent de côté. Tu parles, comment veux tu économiser avec 600€ par mois de revenus. Cela relève de l'impossible.

Je ne suis pas chanceux, j'ai de la peine dans les yeux à ce qu'il parait. C'est l'échec. Il ne me reste plus qu'à me reconstruire sur des ruines, les bras ballants, le dos courbé. Un pote m'a téléphoné hier soir et ne m'a pas trouvé du tout en forme. Il était à Orly direction Barcelone. Je suppose qu'il était difficile de m'inviter, que je ne suis pas très montrable, que je suis trop associable vu que je crache sur tout ce qui bouge par haine de cette société qui m'a rendu malade. Pas grave. Y'a pire tu me diras. Mais aujourd'hui je suis très fatigué par cette routine qui s'installe sournoisement et me détruit à petit feu.

jeudi 26 novembre 2009

Base jump

J'en vois des potes qui ont fait le grand saut, fonder une famille ou partir vivre à l'étranger. Je ne sais pas s'ils sont heureux pour autant. Ils ont l'air épanouis, équilibrés. Tout ce qu'il me manque en fait. Pas de jalousie, ce sont des amis.

Je suis perturbé aujourd'hui. Je pense à eux et je me dis que la maladie a fait foirer ma vie. Je n'ai plus rien à fumer, je n'ai plus assez de ronds pour aller en chercher alors je me contente de la bouteille, du vin, dégueulasse. Oui, je bois trop mais je n'ai rien d'autre à faire de mes journées et j'en ai besoin également pour me sentir bien dans ma peau et dans ma putain de tête, à défaut de shit. Un peu triste, je me défonce sans pour autant être malheureux. C'est ça l'alcool, ça te déprime mais ça t'apporte une certaine joie de vivre, du réconfort, de la chaleur dans une vie de solitude. Illusions éperdues. Assommer la souffrance psychologique, l'étouffer sans jamais pouvoir la tuer.

J'aime trop la vie pour me foutre en l'air. J'ai encore de nombreuses années à en profiter, la moitié d'une vie et à prendre du bon temps mais parfois, souvent même, c'est dur alors il faut ressortir les gants et remonter sur le ring.

mercredi 25 novembre 2009

Métal hurlant

Ne serait-ce qu'une illusion? Ma petite sœur souffrance. Entendre des voix, continuellement, dans son crâne, une dizaine, des insultes, toujours les mêmes, à répétition, hurlantes. J'ai de la chance, cela ne fait que 7 ans que j'en entends et elles ne me dictent rien hormis le fait de recevoir des insultes. Je suis habitué à cette torture mentale, comme des acouphènes, comme la présence du diable. Je n'ai jamais rien vécu, du haut de mes 38 ans, de pire que d'entendre des hurlements, comme un métal hurlant, une machine infernale. Je suis pourtant fier d'avoir un mental d'acier, je suis toujours debout, après avoir pensé durant 6 ans au suicide, tous les jours, tous les matins et surtout toutes les nuits. J'ai toujours combattu ces voix et dignement, je les entends maintenant.

Jamais sain, jamais serein, je fume pétard sur pétard afin de calmer les cris de mon cerveau et j'ai fini trouvé par trouver cette panacée, le THC. Je ne pourrai jamais arrêter de fumer, c'est impossible, cela soulage beaucoup la schizophrénie contrairement à ce que les incrédules, les sceptiques, les réactionnaires, les cons pensent du cannabis. C'est un anti-douleur, un calmant puissant quand on sait fumer... N'empêche que de pouvoir fumer toute la journée cela prouve très bien que, malgré les voix, je vais mieux psychiquement. C'est indéniable bordel. J'en ai conscience et suis capable de fumer 6g/jour. Sinon, je serai vite devenu parano où atteint d'un sombre délire mental à force de tirer sur mon joint. Pas de problèmes, j'encaisse et suis capable de sortir vivre une vie extérieure, une vie amicale, familiale très riche. T'inquiète, je suis là, toujours debout, la tête bien installée sur les épaules.

Longtemps, j'ai cru que ces voix étaient réelles jusqu'à ce que je refume après 10 ans d'abstinence dues à la maladie. Cela a été une véritable révélation, la fumée atténuait mes voix jusqu'à les faire disparaitre. Je ne pourrai jamais arrêter de fumer du shit, de la beuh car cela me soigne et j'en suis la preuve. Ma schizophrénie paranoïde est affaiblie, calmée, enveloppée et tout simplement enfumée, anesthésiée.

Je me contente de ce que j'ai, c'est la source de l'équilibre. Si tu te plains de quoi que ce soit dans la vie, t'es mort, t'es foutu, t'as une gueule à claques, t'es faible et tu passes pour une merde. Alors que de se contenter des petits plaisirs de la vie car ils sont de tous les jours, cela te rends bien-heureux. Je suis schizophrène de longue date mais je suis heureux de vivre.

Get high. Stay high.

mardi 24 novembre 2009

Manic depression

Qu'écrire quand la routine s'installe? Mon cerveau est en partie anesthésié par le THC. Je vivote tranquillement chez moi en attendant la fin de la journée. Rien de bien constructif. Je n'ai plus grand chose qui m'intéresse, qui me serve de moteur, hormis l'alcool. Toujours personne à voir, rien à faire dehors. Pas envie de boire ce matin, étonnant, je m'enfile café sur café. J'écoute toujours de la musique, la tv est éteinte depuis longtemps. Je n'aime pas le cinéma et hais les acteurs, trop indécents. Il fait un temps de chien. Je fume et refume en pensant à des jours meilleurs. Une légère déprime s'installe malgré le Prozac.
Je n'arrive pas à réfléchir, tellement bouffé par les antipsychotiques. Je me surveille 5 minutes, fais le tour de l'appart et ne trouve rien à faire. Je n'ai pas envie non plus de reprendre les crayons et les rotrings. Sans être sur un nuage de fumée pour autant, je rêve au Maroc, au Mali, au Vietnam. Envie de voyages, de quitter ce pays de cons quelques temps, zapper ma souffrance pour aller voir ce qu'il se passe ailleurs. Pas avant l'année prochaine.
Je m'ennuie dans cette turne. Même l'alcool n'arrive plus à me tenir compagnie, ne me réchauffe plus. Je ne sais même pas si j'ai envie de voir quelqu'un. Je crois que non. Je ne décroche plus le téléphone, ça me saoule de parler et de raconter ma vie. Au final, ce n'est pas la grande forme mais je me maintiens debout, je relève la tête et romps avec la solitude en me servant un verre de rhum et en me roulant un autre splif.

lundi 23 novembre 2009

Dazed and confused

La souffrance, quelle qu'elle soit, fait grandir. Elle rend plus mature. Et il suffit d'avoir un minimum d'intelligence pour en tirer une ligne de conduite, une expérience enrichissante. Il existe divers moyens d'y palier, la médecine avec ses drogues légales, l'alcool ou tomber dans l'illégalité. Qui ne s'est jamais défoncé, saoulé ou soigné contre sa petite sœur souffrance? Elle fait partie du quotidien, à divers degrés et ceci le temps de toute une vie. On nait en souffrant, on vit en souffrant et on crève en souffrant.
Pour ma part j'ai choisi le trio, le cocktail qui me soulage de mes souffrances sans jamais les guérir. C'est comme ça, je me prends la vie en pleine gueule, tous les jours, et c'est comme ça que je me défends contre mes agressions psychotiques dues à la schizophrénie. Il me fallait quelque chose de fort pour arriver à calmer mes angoisses, jusqu'aux hallucinations auditives. Et même la médecine a été beaucoup trop faible donc il fallait que je trouve un palliatif car c'était ça ou l'H.P. qui m'attendait.
Il faut se battre tous les jours mais se faire à bouffer, se laver, faire le ménage me demande des efforts épuisants, parfois insurmontables, acculé par la maladie. Mais je suis prêt pour la guerre. Fini de larmoyer sur ma vie d'avant, mon boulot, mon appart' à Paris. Je suis là, au Havre, dans cette ville de zonards, de misère ultra populaire, cette ville dure à vivre. Il faut de larges épaules pour tenir le coup ici. Le temps, les gens, l'architecture rectiligne en béton gris. Pourtant je suis né ici mais j'aurai tout donné pour ne pas avoir à y retourner. Alors, en plus de mes médocs, je me défonce car je traine ici, je vis ici au milieu de ce décor merdique. Je n'ai plus de le droit de travailler, à chaque fois je pète les plombs sous la pression, la surcharge de travail et le manque totale de concentration, toujours ailleurs, toujours perdu.

dimanche 22 novembre 2009



visite blindée

Pas un mot. C'est tout ce que j'espérais, au mieux. L'atmosphère était froide, pas de tension. J'avais une flasque de rhum sur moi ainsi qu'une boulette de shit. Tout s'est bien passé malgré quelques propos racistes de vieux cons franchouillards, amis de mes vieux. Tout ce que j'aime comme ambiance. Quand ça commençait à bouillir, j'allais fumer un stick vite roulé aux chiottes et allais le fumer dehors. Je me suis torché une demi bouteille de vin avec mon voisin de table, et allais boire discrètement du rhum dehors en fumant une tige.

J'avais fumé juste avant d'y aller et m'étais enfilé quelques verres de rhum. Je me suis senti plus à l'aise. J'aime mes vieux, c'est pas le problème, mais je n'aime pas leur mode vie et je suis schizophrène et ce genre de repas ou tu sors de table à 17h, t'es saoul et ça t'épuise et tu t'endors à table, la tête dans la main, croulant en plus sous le poids des cachetons mélangés à l'alcool. Putain de cocktail. Ça m'est arrivé une fois de dormir la tête dans les bras, à un mariage, jusqu'à ce que l'on me propose gentiment de me raccompagner à l'hôtel. Pas facile et ça fait de la peine, pour les autres et pour soi aussi.

Mais là je suis bien, trempé dans ma solitude, à l'abri des regards, des conversations, des coups de téléphone, des emails, des sms, j'ai tout éteint, tout fermé. Je prends du recul en tirant sur mon pauvre joint et écoute de la zik en buvant du rhum. Pas un bruit dans l'immeuble, tout va bien, hormis ma vie de merde, bouffé par la schizo, mais ça j'arrête d'en parler, j'arrête de pleurnicher. J'ai fini par accepter. Putain de salope de maladie...

samedi 21 novembre 2009

le clash

Après nombreux mails avec mes parents, le froid s'est installé. Ce n'est pas la guerre, non, on n'est pas fâchés, juste en froid. Je m'en fous pas mal, j'ai une vie à vivre, sans eux, loin d'eux. M'assumer à 100% va me faire avancer, me faire grandir. Cela ne va pas être simple, il va falloir que je me surveille afin de contrôler mes excès de maladie car il n'y a plus personne qui puisse le faire à ma place. Si je pète un plomb, personne ne sera là pour m'avertir, me rattraper, venir me chercher dans mes délires et me ramener à la raison. Ça va être chaud mais je pense en être capable, je la gère maintenant cette conne de schizophrénie.

Ils l'ont mal pris, tant pis pour eux. Je vais mieux et c'est le plus important. J'ai déjà écrit que je serai prêt à tout évincer sur mon passage, même si cela doit faire des dégats, afin de m'en sortir. Même si je ne crois pas guérir un jour, je vais me stabiliser et rester dans cet état, moitié légume, moitié mec. Je vais garder un esprit atrophié et j'en suis persuadé car je sais qu'à n'importe quel moment je peux exploser à nouveau. Mais je me maintiens, tous les jours, à force de monter sur le ring et d'essayer d'avoir une vie normale, sans peurs et sans reproches.

Splif et rhum à la main, j'ai tapé ces quelques lignes en écoutant une bonne musique. Je suis serein et confiant. J'ai surement été un peu dur, sévère et froid avec mes vieux mais c'est comme ça que je suis au naturel, dans la solitude. A moi de leur prouver que j'évolue sur la bonne voie, sur celle de la stabilisation et que je peux m'en sortir tout seul.

vendredi 20 novembre 2009

Les Sarkozy dans les Simpson




Vie de chien

Et le pire dans tout ça c'est que j'arrive à canaliser ma schizophrénie en fumant du shit. Cela me vide la tête et je n'ai plus de bouffées délirantes, contrairement à il y a quelques années. De toutes façons, ce n'est pas le haschich qui m'a démonté la tête et rendu schizo, ce sont les acides, le LSD d'après un psy de l'H.P. de Lyon. Les trips ont ouvert une brèche dans l'esprit qui est bien colmatée... depuis 17 ans...

Je viens d'écrire un mail à mes parents afin de leur dire ce que je pensais d'eux. Même si je leur dois tout, ma survie, ils n'ont pas à s'infiltrer comme ça dans ma vie, à s'inviter à manger quand ils l'ont décidé, que je me sentais mieux dans mes pompes et qu'on avait plus besoin de se parler tous les jours au téléphone afin que je puisse leur donner de mes nouvelles (on habite à 15km). Certes, ils flippent pour moi, ils ont peur de ma schizophrénie même s'ils me connaissent par cœur et qu'ils se sont énormément documentés sur la maladie.

Putain, je viens tout juste d'avoir 38 ans et parfois j'ai encore l'impression d'être un ado qui n'aurait pas grandi, bloqué par la maladie. C'est pour ça que je dis souvent que j'ai perdu 17 ans de ma chienne de vie. Enfin, un chien, on en a tous à promener comme des boulets. Le mien s'appelle schizophrénie paranoïde.

jeudi 19 novembre 2009

NTM

Il va falloir que je coupe le cordon. J'ai un problème avec ma mère, je suis beaucoup trop proche d'elle et elle envahit ma vie. Je croyais que c'était de la complicité mais au final c'est malsain. Je vieillis et elle n'a plus a intervenir dans ma vie comme elle le fait. Cela ne m'empêchera pas de l'aimer mais il faut que je mette un frein à tout ça. Elle ne perdra pas un fils, elle perdra un enfant. J'ai grandi, j'approche la quarantaine et elle me couve trop à cause de cette foutue schizophrénie. J'en aurai presque honte.

Cette schizophrénie me maintient au froid. J'ai failli replonger mais ça va aller maintenant. Il faut qu'elle me laisse vivre mais si cela lui fait peur et que cela la peine énormément. Ça va aller mieux une fois que j'aurai coupé ce putain de cordon. Ça m'étouffe cette vie, je ne suis pas si libre que je le prétends. Sans être pour autant dans ses jupons, elle s'occupe trop de moi. Normal mais c'est pesant au final. C'est un problème récurant qu'il faut que je règle au plus vite.

mardi 17 novembre 2009

Irréelle I.R.L.

Aujourd'hui ça va, je passe de bons moments I.R.L. Je picole, je fume et ça pas tout seul. Je partage, j'échange, je donne, je reçois. Ca va plus ou moins. La maladie est toujours là. Hier soir, en me couchant, j'ai réentendu des voix qui m'insultaient. J'ai un peu flippé de rechuter mais ça a fini par passer, j'ai fini par m'endormir, la tête hurlante de méchanceté. J'ai l'habitude maintenant mais j'ai eu peur.

Je me souviens d'un temps ou je n'étais pas schizophrène, ou j'étais jeune et beau, plein de vie avec un avenir prometteur. Tout s'est cassé la gueule.

J'ai mal à l'âme. Rien d'autre. Plus de sentiments même si un cactus fait des fleurs et qu'au milieu se cache un cœur.

lundi 16 novembre 2009

C.I.

L'identité numérique me fait rigoler et vomir à la fois.

dimanche 15 novembre 2009

jeudi 12 novembre 2009

No love, no pain

Je ne veux et ne désire aucune relation avec une fille, même pas un soir car dès que je sens que les sentiments rentrent en jeu, je prends peur et déguerpis aussi vite. Ce n'est vraiment pas mon truc. J'aime cette vie de célibataire. La solitude, ça pèse, certes, comme tout à chacun mais la liberté n'a pas de prix. Et de toutes façons, je ne bande plus depuis quelques années déjà, les antipsychotiques me castrent, je l'ai déjà écrit.

Je suis bien comme ça, seuls mes potes me manquent. Qu'est ce que je ferai de plus avec une femme à part baiser? C'est d'un pote dont j'ai besoin, pas d'une petite amie. Pas d'amour, pas de souffrances.

Et je ne crois pas être encore capable d'aimer une femme. J'ai déjà tout donné et cela n'a pas fonctionné, je ne suis pas fait pour une vie de couple ni même une aventure. Je m'en tape au fond et c'est bien mieux, plus de problèmes, plus de prises de gueules, la liberté je te dis, la véritable, la belle, la profonde. Pas d'attaches, pas de famille, seul et tranquille.

mercredi 11 novembre 2009

Hit me with music

Encore et toujours un verre à la main. Si je ne crève pas du tabac je crèverai de l'alcool, d'un crabe de toutes façons. Le dernier Kool Shen résonne dans l'appartement depuis 3 jours, non stop, en boucle, sans jamais me lasser. C'est un pote qui chante à mes oreilles, sans avoir le même vécu, il y a beaucoup de similitudes.

Une vie de défonce, une enfance de cité, beaucoup d'évènements qui se ressemblent et qui me parlent. J'ai toujours écouté du hip hop, depuis l'époque de Sidney, vers mes 10 ans. Le hip hop m'a toujours beaucoup appris et enchanté mon cœur d'enfant, puis d'ado et d'adulte. Je smurfais dans les garages, sur du carton. C'était une mode à l'époque, maintenant, c'est assez décrié par des têtes de vieux cons car le hip hop fait peur.

Beaucoup de tristesse dans le rap, de souffrances, de douleurs, de vies avortées. Il est aussi question de justice, de l'État, de racisme, etc, etc. Tout ce qui touche à la société. Ça ma plait, ça me parle, ça me ressemble et j'aime ça.

La bouteille va y passer je crois, comme d'habitude, sans remords et sans regrets. Je n'ai plus une thune donc je ne peux aller chercher du shit. Alors je vais me contenter de la bouteille pour oublier que je vis encore.


mardi 10 novembre 2009

No sex sista

Chacun sa cam', chacun sa dope, chacun son addiction, chacun ses vices. J'en ai plusieurs, la seule que je ne possède pas est celle de l'humain. Je n'ai de cesse de le rejeter. Je viens de l'école psychiatrique et je n'ai aucune confiance en l'homme. Cette école dure et sévère m'a forgé le caractère. J'ai oublié ce qu'était la vie, neurasthénique je suis. Même s'il faut que j'en souffre, je n'ai aucune envie de changer de vie, de hasard. Je me contente de ce que j'ai, blasé, fatigué, cœur léger et esprit lourd à supporter.

Au fond, je me demande si je ne suis pas en manque d'affection malgré que je m'en carre complètement. Cela fait longtemps que j'ai pleuré et n'en ai aucun besoin. Peut-être cela ferait-il du bien. Je n'en sais rien.

Je n'ai aucune addiction au sexe, c'est vraiment un truc qui me laisse froid et ne relève aucun intérêt. Je crois que c'est un moyen d'expression comme un autre mais pas très propre, pas très sain, pas joli du tout. Ça me regarde, je n'ai ai nul besoin.

J'aime trop les drogues, douces et dures, qui me jettent dans un paradis artificiel. J'ai le visage marqué par mes défonces, depuis l'âge de 15 ans, mon premier verre, mon premier joint. Il ne me manque plus qu'un fix dans le bras pour faire le tour des drogues mais je sais très bien que ce serait un aller au paradis sans retour. Alors non, pas de fix.

J'aime encore avoir les pieds sur terre, tout contrôler, tout gérer, avoir l'esprit grand ouvert par les drogues, être lucide et sentir grandir ma conscience, mon 3ème œil. Je n'ai rien à perdre, au contraire, je gagne tout le temps, j'ai la baraka. J'ai misé sur la vie et je vais tout rafler.

lundi 9 novembre 2009

Eldorado

La date butoir est passée, ça c'est fait. Comme prévu, il ne s'est rien passé hormis des messages de bienveillance. Je suis tombé assez tôt, endormi comme un raté devant la tv que je n'avais pas allumé depuis longtemps. Un raté, c'est ce que je suis au final à cause de la schizophrénie. J'ai beau me battre pour garder la tête sur les épaules et essayer d'être lucide, raisonné et raisonnable, je ne fais rien de ma vie.

Je rêve de voyages, de fêtes, d'alcool et de cam', de bande d'amis chaque jour au complet. Il ne me reste qu'à attendre ma mise en invalidité et la vie va recommencer. Pour l'instant je suis coincé en France à cause de mes arrêts de travail. Alors je me morfonds en attendant un avenir meilleur. J'y ai le droit, j'ai déjà perdu 17 ans de ma vie dans la folie.

"J'veux rester le capitaine de moi-même quitte à défoncer des murs et je verrai bien ou les vents m'emmènent s'ils pansent toutes mes blessures".


dimanche 8 novembre 2009

Ca, c'est fait.

Aujourd'hui j'ai 38 ans et je n'en tire aucune conclusion hormis celle d'une petite claque au réveil en me disant que j'en ai bientôt 40. Je me retourne quelques secondes et je vois un gamin de 15 ans plein de vie, promis à un bel avenir, pas trop con, qui n'a peur de rien ni de personne.

J'ai bien changé, la maladie m'a bien changé. A 21 ans, je tombe malade et tout bascule. Psychiatres, H.P., neuroleptiques, isolement, dépression, solitude, schizophrénie. La vie est gâchée, je dors jusqu'à 18h/jour, mal et je pense au suicide tous les jours.

Aujourd'hui, je vais fêter mon anniversaire seul, comme chaque année. Je risque de me saouler, de fumer plus que de raison et passer la journée comme si de rien n'était. Je n'attends personne, je n'ai personne à voir. Pas grave, pas important, j'en ai jamais eu besoin.

Je n'ai jamais eu besoin de personne pour me sortir de ma propre merde.

samedi 7 novembre 2009

Le shit

Je ne pourrai m'en passer. J'en ai besoin, ça fait partie de mon équilibre. Je me sens bien quand je tire sur mon joint, ma maladie mentale se dissipe pour faire place à la lucidité. Toutes ces merdes de mon crâne sont parties en fumée, comme dissoutes.

C'est la première chose à laquelle je pense quand je me réveille, abréger mes souffrances et ne plus y penser. Alors je m'allume un deux feuilles dès le réveil et continue comme ça toute la journée. Je ne fume plus de tabac, plus que du shit.

Je suis bien là, alimenté par le H. Je ne pense pas à picoler, je me contente juste de fumer de bons tarpés. Ça apaise mon esprit, diminue l'intensité des angoisses, annihile les voix hallucinatoires et surtout, me plonge dans le présent, dans la réalité.

Cela fait de nombreuses années que le shit ne me fait plus rigoler, je crois même que cela n'a jamais été le cas. Cela ne m'endort pas non mais garde mon esprit en éveil. Je suis attentif et sensible à tout,

Je ne souris plus, j'ai beaucoup de mal à esquisser un simple sourire. Je ne suis pas défoncé non plus, j'ouvre mon esprit très largement.

Je crois que je ne pourrai jamais arrêter. J'ai besoin de ça pour me sentir bien.


vendredi 6 novembre 2009

Mauvaise école

Rêves brisés, je trace ma route sans me retourner. Je rêvais, comme tout le monde d'un bon travail suite à mes études d'archi, d'une femme et des enfants. Au lieu de ça je me retrouve dans 25m², seul dans une ville merdique de province.

Ça ne m'empêche pas d'avancer et de tout bouffer sur mon chemin. Ma vengeance, pour l'instant, est passive mais j'ai la dalle.

Plus rien n'existe. Seul mon désir de tout ramasser subsiste.

jeudi 5 novembre 2009

Vengeance... Patience!

Je suis dans mon monde, dans ce décor merdique. Les rues sont violentes tout comme mes voisins. Il n'y a aucun doute, je suis chez moi.

Aujourd'hui, je me réveille et j'ai perdu mes 20 ans. Dans un an j'aurai ma carte d'handicapé, d'invalidité comme ils disent. Mais ça ne s'arrêtera pas là. Je vais cumuler toutes les aides possibles, tout le fric possible que m'offrira l'Etat. Ils vont payer en serrant des dents de ce qu'ils ont fait de moi, un légume. Je ne vais pas lâcher l'administration, je ne vais pas lâcher l'État, je vais ramasser toute l'oseille qui passera devant mon blaze.

Je vais profiter de tout ce qu'on m'offrira. J'ai perdu trop de temps. Tous ces patrons accumulés, tous ces boulots de grouillot d'archi. Je ne paye déjà plus d'impôts et ce sera les leurs qui paieront mes voyages. Je vais user et abuser de la société jusqu'à la faire saigner.

Tout est déjà calculé, réfléchi, planifié. Je vais baiser l'État tout en restant réglo. De la schizophrénie j'en ferai un chef d'œuvre. Je vais renverser la machine et ce sera le jackpot. Dans un an, plus de taxe d'habitation, plus de redevance tv et ce n'est qu'une pierre à mon mur. Je vais palper.

Je ne travaillerai plus jamais tout en touchant le max de fric. Je vais pouvoir voyager à ma guise, autant de temps que je le souhaite.

Ma souffrance psychiatrique aura la valeur de la liberté.

Ma vengeance, douce vengeance, guerre passive contre ce que cette société a fait de mon esprit. Je ne pardonnerai jamais avoir été exploité, sous-payé, harcelé jusqu'à m'en faire péter les plombs de manière irreversible. Schizo je suis et j'accuse. Ils paieront pour ce qu'ils m'ont fait. Sans haine, je vais juste rentrer dans leur jeu et ramasser tout ce qui bouge et qui ressemble à un billet en euros.

Plus que 7 mois avant d'appuyer sur le bouton rouge.


mercredi 4 novembre 2009

Les écorchés

La maladie a tué toutes mes ambitions. Ma vie est prise dans un étau. Je ne porte plus le costume du bien portant, c'est fini tout ça. Loin d'être une armure, ce n'était qu'illusion. Je vis dans l'urgence. Une vie bouffée par la maladie mentale. J'approche la quarantaine, j'ai pris des galons mais la corde n'est jamais loin.

Ouais, je baisse de plus en plus les bras. Je deviens de plus en plus faible. Je suis meurtri. Je me souviens de ma vie d'avant la maladie, je me souviens de mes 20 ans. C'est peut être le plus important, de savoir qu'à un moment de sa vie on a vécu. Ce n'est pas une mauvaise école cette maladie, j'en ai tiré certainement plus d'expérience que la plupart car je suis atteint de folie.

Je ne sais pas ce qu'il y a de pire. Perdre la tête ou perdre la santé physique tout en en ayant conscience? Je croule sous le poids des médicaments. Je m'épuise à taper quelques mots et je me surprends à rêver d'une petite amie.

Mais je sais que cela n'est plus possible car j'ai essayé. Bref, il est temps d'aller chasser le dragon.


mardi 3 novembre 2009

Une vie de galérien

Il est africain et il est mon dealer. J'ai fini par l'appeler. On s'est donné rendez-vous dans un endroit tranquille, là ou les flics ne viennent jamais au risque d'être lapidés. Je n'ai pas peur, je n'ai rien à perdre, même pas la vie, je suis déjà mort il y a 17 ans. C'est malheureux car je ne connais pas la recette du bonheur, je n'ai même jamais été à la hauteur.

Le shit est bon et fort, il me calme, endort les pensées tumultueuses et ouvre mon esprit à la réalité. Il accentue ma perception. C'est un médicament plus puissant que tous les antipsychotiques existants. Ce n'est pas la panacée, certes, mais le THC contribue à un état d'esprit meilleur, plus posé, plus calme, plus lucide. C'est ça quand tu fumes à longueur de journée, tu ne vis que sur des prises de conscience.

A chaque fois que je le vois, je ne peux pas m'empêcher d'avoir le sourire. C'est un frère de galère et j'aime si fortement son continent, berceau de l'humanité, que j'en ai les larmes aux yeux à chaque fois que j'y pense. Un jour, je larguerai les amarres et jetterai l'ancre quelque part, dans un pays ou l'on ne parle pas d'identité nationale.

Une journée de plus

Il n'est pas encore 10h du matin et je me sers un premier verre de rhum. Le réveil a été doux, sans violences mais, gorge serrée, je m'apprête à affronter une nouvelle journée sans voir quiconque. La première gorgée est âpre, répand sa chaleur dans tout mon corps et me fait l'effet d'un flash. Je suis prêt. Le lien autour de mon cou se dénoue et me laisse respirer. La deuxième gorgée me brule la gorge et m'enivre déjà.

Cette solitude, je ne l'ai pas choisie, elle est apparue sournoisement, tout comme cette maladie qui me disloque l'esprit. Je devais aller chercher du shit aujourd'hui mais je n'ai pas le courage de sortir sous cette pluie, dans ce froid, je me contente de la bouteille.

A quoi bon pleurer, surtout sur son sort? Je ne cherche pas à faire une apologie de l'alcool mais elle me rend bien service, m'accompagne dans la douleur et dissout mes souffrances au fond d'un verre. Je bois doucement, me laisse emporter sur ce radeau de naufrage par mer calme. Ce n'est qu'une journée de plus, comme les autres.

La schizophrénie me tient à l'écart du monde des vivants, loin du réconfort. et du confort. La vie est acide, trop corrosive pour un malade mental. Je n'ai plus peur de cette dénomination. Je ne suis ni heureux ni malheureux, je vis chaque jour dans la solitude et la maladie. C'est comme ça, c'est mon sort et le hasard me joue des tours.

jeudi 29 octobre 2009

Putain

Je me sens seul. C'est le problème originel, mon alcoolisme découle de là. J'ai du mal à tenir le coup, baigné dans cette solitude étrange et troublante à la fois. Je tourne, je reste figé, prostré. Le silence. Ne manque plus qu'une horloge et sa pendule. Les bruits de pas résonnent dans la cage d'escaliers, ma gorge se serre. Vite, un verre et de la musique.

17 ans de schizophrénie, de dépression, d'angoisses, de lutte acharnée contre la maladie, contre l'incompréhension, contre soi-même. C'est une lutte perdue mais j'y crois encore. L'espoir me fait vivre, c'est con mais vrai.


mercredi 28 octobre 2009

Chère maladie

Condamné à la bouteille, sans jamais un verre de trop. Je m'en veux de boire autant. Je culpabilise mais ça me réconforte. Ma vie est loupée. Le seul équilibre dont je sois fier est celui de l'amitié. Je connais mes potes depuis plus de vingt ans. J'ai eu du boulot, j'ai échoué, viré à cause d'un comportement maladif endémique. J'ai eu cinq copines en 38 ans, je les voulais pour la vie et je ne les ai eu que pour un flirt.

Jugé inapte au travail, je passe mon temps à fumer et à boire. Je n'ai rien d'autre à faire. Sans jamais arriver à l'ivresse, la bouteille contient mon équilibre manquant. Je n'irai plus jusqu'à dire qu'elle compense le manque d'une compagne d'infortune mais elle me remplit les veines d'illusions de chaleur humaine. Je pisse sur la pyramide de Maslow et m'enfile un rhum blanc, d'une traite. La salive fait le plein dans ma bouche. Je me retiens de vomir et m'allume un spliff.

Je passe au citron et au sucre roux de canne. Je m'abreuve désormais d'un nectar doux et sirupeux. Je me dis que tant que je peux boire, mes malheurs se dissolveront dans d'âpres illusions perdues. Tant que je peux fumer, je ne penserai à rien, à rien, à rien d'autre que de me servir un autre verre afin d'oublier que j'ai foiré ma vie et que la solitude n'est qu'un bien triste sort, pas une maladie.

Schizophrénie, tu as morcellé mon esprit, réduit à un puzzle géant, insolvable. C'est la meilleure définition que j'ai eu à lire et à attendre: "Morcellement de l'esprit". Je ne sais si j'arriverai à te résoudre mais sache, chère maladie toute entière à mon être que si tu me tiens par les couilles, je ne te lâcherai jamais. Combat au corps à corps. Le plus faible des deux disparaitra. A la vie, à la mort.

lundi 26 octobre 2009

Souvenirs d'H.P.

C'est vrai, j'ai tendance à chialer sur mon sort. Il y a pire qu'une schizophrénie. Un jour, ça se soignera comme un vulgaire rhume et ce n'est pas mortel. Le plus dur à vivre c'est l'isolement, la solitude.

Je me rappelle l'un de me séjours à l'hôpital psychiatrique. C'était à Lyon. J'étais plus malade en sortant qu'en y entrant. Interdiction de sorties hormis accompagné d'un infirmier. Chambre d'isolement. Repas à heures fixes, agrémentés de quelques neuroleptiques non-identifiés, pyjama, tous le même, à trainer des pieds dans les couloirs de l'hosto jusqu'à la salle de jeux et à la salle tv. Avec le type qui veut te tuer parce qu'il est persuadé qu'il est enfermé par ta faute, celui qui te demande une clope toutes les 5 minutes pour sa collection, des T.S., des dépressifs, des vieillards qui gueulent. Toute une faune de malades réunis dans un même lieu.

Je restais scotché dans le fumoir, à regarder le parc à travers la fenêtre, endroit inaccessible. L'air vicié de l'hôpital me foutait la nausée. Ces fous me rendaient malade. L'ambiance était trop hostile même si elle est sous surveillance 24h/24h. Prisonnier avec des barreaux aux fenêtres securit.

Bien, si tel est le choix de l'Etat de me juger dangereux pour moi-même et pour autrui, alors soit, je resterai enfermé avec tous ces baveux inertes, ces brailleurs, ces gémissements. Deux longues semaines, mes parents ont foutus la pression à l'administration hospitalière pour que je sorte de là et ils ont réussis.

Plus tard, quand je suis arrivé au Havre, après avoir pété les plombs à Paris, la psychiatre qui m'a reçu a ordonné une hospitalisation dans l'instant. Je l'ai menacé de prendre un avocat et elle a renoncé. J'ai eu peur, j'ai flippé de devoir retourner dans un H.P. pour une durée indéterminée.

Ma vie c'est ça, des souvenirs qui reviennent sans cesse car je suis confronté à la solitude. Mais ce n'est pas grave, il y a pire et bien plus moche qu'un schizo.

samedi 24 octobre 2009

Symptômatique

Gainsbourg résonne à nouveau dans mes enceintes. Je m'envole et je plane, doucement vers des cieux africains. J'ai un peu de mal à me bouger, je reste scotché sur la musique. Je n'ai pas faim mais je me serai bien laissé aller. Ce qu'il y a de surprenant dans cette maladie, c'est cette faculté à baisser les bras devant l'obstacle. C'est vrai, quoi merde. Tout demande des efforts quasi insurmontables. Alors je me traine du bureau au canapé.

La psychiatre me juge toujours inapte au travail et d'ici une année, j'aurai une carte handicapé, je toucherai moins d'argent mais je serai libéré de la sécurité sociale. C'est pénible de piquer du nez sur l'ordinateur à midi. Je manque d'énergie, de force et de courage pour affronter la réalité. Même au téléphone, je perds pieds.

Les journées sont longues à ne rien faire. Je ne m'en plains pas mais je m'emmerde profondément. Je cogite comme un malade, je suis pris de panique par mes pensées inutiles et délirantes. J'arrive à me faire peur moi-même. Pauvre vie.

Mon esprit d'analyse me fait défaut. Défaut... défaut... Défectueux... C'est ce que je suis.

vendredi 23 octobre 2009

Une vie de chien

J'avais mal au cœur ce matin en me réveillant alors je t'ai attendu. Tu es arrivé vers midi, sucrée, liquoreuse, habillé d'un léger vert, tout en douceur. Tu m'as donné chaud au premier regard. Trois jours que je ne t'avais vu, ni gouté. Tu sais que tu me manques à chaque fois que tu pars en me laissant dans un état semi-comateux, déplorable, lamentable.

Tu m'ennivres et tu me calmes. Noir ou grisé, je te suis dans toutes les couleurs, jusqu'aux sulfites de ton essence, si vaines.

Tu m'enveloppes d'un liquide saumâtre, je baigne dans ton acide et cet arrière gout salé me renvoie à mon enfance.

Tu m'attires tant que ta beauté me fourvoie d'une timidité bouillante. Tu m'absous de mémoire autant que le shit me vide de pensées.

Comme un vieux pote, comme le regard posé d'une femme sur un livre, belle. Je me confonds en excuses chaque matin pendant que d'autres font la trêve. Je t'idolâtre du plus profond de mes artères. Tu es un neuro-toxique. Putain, merde. Il faut que quelque chose existe pour me tirer de la torpeur que me procure cette maladie.

C'est l'enfer, au sens biblique. Des âmes égarées éternellement, noires et mauvaises, viennent me hanter chaque jour, chaque nuit et m'insultent. Tel un compte-goutte dans un œil. Véritable torture. Ma bouteille me permet de tenir le coup et d'absoudre le mal par le mal. Drogué, alcoolique je suis. Peu importe tant que la schizophrénie est éteinte quelques heures dans la journée et ce jusque la nuit.